Les Africains de l'Est doivent faire face à des problèmes de changements climatiques dont ils ne sont nullement responsables, car ils en produisent très peu, mais ils en paient le prix.
Photo AFP
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Rashid Aran Omer a établi son campement il y a quelques semaines dans le Wajir, au nord du Kenya. Il dort sur le sol, près de son petit troupeau de bétail. Il attend l'arrivée d'un camion citerne qui lui permettra de siphonner de l'eau dans un trou à l'aide de ses tuyaux.
"C'est le seul moyen de trouver de l'eau en ce moment, raconte-t-il à un représentant d'Oxfam. Les familles marchent quatre jours pour arriver ici. Il n'y a pas eu de pluie cette année, et notre bétail s'affaiblit. Mais c'est notre source de revenu et sans lui, nous n'avons plus de quoi nourrir notre famille."
Rashid fait partie des 20 millions de personnes vivant en Éthiopie, Somalie, Érythrée, Djibouti, et dans une partie du Kenya, de la Tanzanie et de l'Ouganda, qui souffrent des effets d'une terrible sécheresse. Les récoltes ont été perdues. Les animaux sont faibles. Les points d'eau s'assèchent et disparaissent. La malnutrition atteint des proportions insupportables.
"Sans nos animaux, nous n'avons pas de lait pour nos enfants et nous ne pouvons pas les nourrir. Et avec si peu d'eau, ils ne peuvent plus se laver les mains, alors que les cas de diarrhée et de maladies se multiplient", a raconté Salada Alasow, une femme qui s'occupe seule de ses six enfants dans le nord du Kenya alors que son mari a quitté la région avec son troupeau pour tenter de trouver de l'eau en Somalie.
Cinq années de sécheresse
Ça fait maintenant cinq ans que les pluies refusent de nourrir les terres de la région de la Corne et de l'Afrique de l'Est. Pour ces populations, les changements climatiques ne sont pas une perspective pour l'avenir mais une réalité bien présente qui écourte la saison des pluies et qui chamboule les rythmes agricoles.
Les habitants de la région sont imaginatifs et résilients dans leur lutte quotidienne pour survivre. Ils travaillent avec acharnement pour s'occuper de leurs familles et de leur bétail. Mais leur patience a atteint et même dépassé sa limite. Ils ne peuvent pas en prendre davantage.
En plus de distribuer de l'eau dans la région, Oxfam aide les familles à se préparer à recevoir la prochaine courte saison des pluies, que nous espérons pour octobre. En Éthiopie, nous avons engagé des équipes locales pour remettre en état les conteneurs d'eau, pour percer de nouveaux puits et pour maintenir les étangs naturels. L'argent qu'ils gagnent leur permet en attendant d'acheter de la nourriture et des biens de première nécessité.
Victimes non responsables
Cette crise illustre la raison pour laquelle Oxfam mène une campagne pour lutter contre les changements climatiques. Des gens comme Salada et Rashid doivent faire face à des problèmes dont ils ne sont nullement responsables. L'émission des gaz à effet de serre provoque les changements climatiques, et l'Afrique de l'Est n'en produit que très peu. Mais elle en paye le prix.
Il y a 25 ans, la grande famine de 1984 a choqué le monde et touché huit millions de personnes. Aujourd'hui, les populations, les gouvernements et les organisations comme Oxfam sont mieux préparés pour y faire face. Après cinq années consécutives de sécheresse, nous savons que tout est en place pour qu'une grave crise éclate. C'est pourquoi les membres de la coalition humanitaire - Aide à l'enfance Canada, CARE Canada, Oxfam Canada et Oxfam-Québec - ont déjà démarré des programmes à travers la région pour répondre aux besoins des communautés affectées.
Pour en savoir davantage sur la coalition : http://www.coalitionhumanitaire.ca/. Grâce aux efforts coordonnés de ces importants organismes, la contribution de la population sera plus efficace que jamais.
Pierre Veronneau, directeur général d'Oxfam-Québec
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